Éduquer, ou manipuler ?

école chrétienne annecyLa lutte contre l’homophobie est indispensable, mais les moyens employés ne sont pas tous respectueux des libertés fondamentales. La nuance n’est pas simple à détecter ni à comprendre, et le débat public à tendance à se radicaliser : on amalgame ceux qui s’inscrivent dans une critique des méthodes avec ceux qui sont opposés au principe, ce qui est regrettable.

Nous sommes favorables à une meilleure information et à une lutte contre toutes les discriminations, mais nous sommes opposés à certaines méthodes employées à cet effet.

À propos de ces méthodes, il est édifiant de consulter le manuel édité par le Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des écoles et PEGC. Le SNUIPP est un syndicat des enseignants du premier degré français, affilié à la Fédération syndicale unitaire (FSU). Il est actuellement le syndicat majoritaire dans cette profession.

Il édite «des outils théoriques et pratiques pour avancer»: ÉDUQUER CONTRE L’HOMOPHOBIE DÈS L’ÉCOLE PRIMAIRE. On y  découvre que sur un sujet reconnu comme sensible, c’est-à-dire sujet la concertation avec les parents d’élèves, les syndicats préconisents à leurs enseignants de ne pas informer les parents de leurs choix éducatifs, ce qui signifie que ces derniers sont dépossédés de leur droit élémentaire d’éducateurs responsables de leurs propres enfants. Il s’agit donc d’une violation organisée et légitimée.

Extraits :

Page 46 : Faut-il prendre des « précautions » ?

«Bien sûr il y a des textes officiels, des incitations dans des circulaires de rentrée, mais est-ce si facile d’aborder en classe un sujet « délicat » comme l’homophobie ? Peut-on d’ailleurs parler d’homophobie sans parler d’homosexualité? D’homosexualité sans parler de sexualité? Les enseignant-es peuvent avoir l’impression de s’aventurer en terrain mouvant. Que faire des mots crus des élèves ? Quelles réactions des parents ? Quel soutien des collègues et de l’administration ?

En ces temps de complexification du métier, il n’est par ailleurs pas évident de trouver du temps et de l’énergie pour se lancer dans l’inconnu et « risquer d’avoir des problèmes ». La question ne serait pas posée pour étudier en classe un album qui traite du racisme ou du handicap, elle peut l’être pour tout ce qui concerne l’égalité filles/garçons, elle l’est forcément pour l’homophobie».

 

L’ÉQUIPE D’ÉCOLE

«Inscrire un travail sur les discriminations dans le projet d’école pourrait être systématisé. Il est en effet du ressort de l’équipe pédagogique – incluant l’ensemble des adultes présents à un titre ou un autre dans les locaux – que toutes et tous soient attentifs aux situations de violence, aux moqueries, au harcèlement, aux insultes, à la mise à l’écart. La surveillance de tous les lieux, à tous les instants, l’intervention systématique et appropriée des adultes présents, les réponses pédagogiques, sont des dispositifs à élaborer en équipe. Le conseil d’école peut également aborder ces questions ; il est compétent pour modifier le règlement intérieur, par exemple en précisant les discriminations contre lesquelles lutter.

La mention écrite d’un travail pédagogique spécifique autour de ces questions est un appui pour l’enseignant. En outre le conseil des maîtres est l’instance adéquate pour informer ses collègues des séquences projetées et impulser éventuellement un travail collectif (projet de cycle, par exemple)».

 

LES PARENTS

«Est-il utile d’informer les parents ? S’il s’agit d’une séquence isolée et ponctuelle en réaction à un événement (insulte dans la cour) ou d’un travail sur un livre particulier en lien avec d’autres livres (travail sur les familles par exemple) sans doute pas. S’il s’agit par contre d’un ensemble de séquences permettant d’approfondir la question, il sera probablement utile d’évoquer le thème choisi lors d’une réunion avec les parents et de préciser les raisons qui ont amené l’enseignant ou l’équipe à ce travail. Entendons-nous bien, non pour demander une autorisation, mais pour informer en amont afin d’éviter des réactions de surprise ou d’incompréhension. Nos conseils en cas de problème : s’assurer du soutien de l’équipe, prendre contact avec son IEN… et avec le SNUipp-FSU !»

Voir le pdf joint :snuip

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